Cette semaine j’ai eu la chance de participer à un chouette atelier sur Toulouse et ses petits secrets. Au programme : 2h de balade dans la ville rose, ponctuées d’anecdotes historiques et de détails insolites.

Organisé par Trade School Toulouse, le rendez-vous est donné mardi 4 avril à 17:00 devant l’Espace EDF Bazacle. L’animatrice de cette session est Séverine Nimetz : passionnée de Toulouse, chargée de Relations Publiques de l’Espace EDF Bazacle dans la vie et greeter à ses heures perdues. Visite prometteuse.

 

Mais Trade School Toulouse, c’est quoi ?

Un petit mot sur le super concept Trade School Toulouse. C’est un réseau collaboratif d’apprentissage et d’entraide basé sur un système de troc. Il n’y a pas d’échanges monétaires. Si quelqu’un a quelque chose à offrir, Trade School organise un atelier pour partager ces compétences et en échange les participants répondent à des demandes proposées par l’animateur : une place de cinéma, 1h de conversation en anglais, un joli carnet…

 

Connaissez-vous Toulouse et ses secrets ?

Pourquoi l’hôpital de la Grave a-t-il les pieds dans l’eau ?

Situé dans le quartier Saint-Cyprien, l’hôpital de La Grave se nomme ainsi car construit sur une gravière. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il était aussi proche de l’eau ? La réponse est un peu macabre : c’était pour … se débarrasser facilement des cadavres en les jetant dans la Garonne !

Un peu derrière dans le même quartier, les Abattoirs, le musée d’art moderne et contemporain de Toulouse, anciennement des abattoirs, est situé les pieds dans l’eau pour les mêmes raisons : c’était une solution facile pour évacuer les carcasses d’animaux.

Des Moulins de blé du Bazacle à la centrale hydro-électrique

En 1888, les Moulins de blé du Bazacle qui fournissaient la ville de Toulouse en farine sont transformés en centrale hydro-électrique. Grâce à la chaussée, la force de l’eau de la Garonne fait tourner les turbines qui créent de l’électricité. L’entreprise qui gère cette centrale est finalement nationalisée en 1946, et appartient toujours à EDF.

Grâce à Séverine Nimetz, nous avons pu entrer dans la salle des machines de l’espace EDF Bazacle, habituellement fermée au public ! C’est dans cette salle que se trouvent les alternateurs, dont les plus vieux datent de 1910 ! Quand nous l’avons visitée, toutes les turbines ne tournaient pas car au delà de 2,70 mètres de niveau d’eau, certaines sont arrêtées.

À l’extérieur, la terrasse est aménagée en 2011 sur ce qui était avant des jardins cultivés par les salariés d’EDF !

 

Comment les saumons remontent la Garonne au niveau du Bazacle ?

La présence de saumons dans la Garonne est historique. Mais la transformation des Moulins du Bazacle en centrale a posé un problème pour la migration de ces saumons. C’est pourquoi une passe à poissons à été construite, qui leur permet de remonter le courant en évitant la chaussée. Visuellement, ça ressemble un peu à un escalier…

Quand on descend à l’étage inférieur de l’espace EDF Bazacle, à droite de la coursive qui accueille des expositions, on peut observer l’intérieur de la passe à poissons… et peut-être voir un saumon ?! Cela dit, pour ça, il faut vraiment être chanceux (ou attendre longtemps). Un peu plus loin, dans les entrailles de l’espace, une caméra capture chaque instant pour compter le nombre de poissons qui remontent la Garonne. Il y a des dizaines d’année, on savait que 10 000 saumons passaient par an ! L’an dernier, malgré 400 000 oeufs de saumon réintroduits, seulement 37 ont été recensés en traversant la passe à poissons…

 

Dans le quartier du Bazacle, quel est ce bâtiment ?

À proximité de l’espace EDF Bazacle et de la Garonne, se trouve la Manufacture des Tabacs, qui utilisait la force de l’eau pour broyer le tabac. Du temps de son fonctionnement, c’est-à-dire jusqu’en 1979, c’était le premier employeur de la Toulouse. + d’infos

 

Qu’est-ce que cache la Place Saint-Pierre ?

En marchant un peu le long du quai Saint-Pierre, nous arrivons sur la place connue des fêtards toulousains. Mais quelle est son histoire ? Entre le 16ème et le 18ème siècle, ce quartier était principalement occupé par divers artisans : blanchisseurs, tanneurs, teinturiers… D’ailleurs à Toulouse, beaucoup de rues portent les noms des coeurs de métier qui représentent l’artisanat de la grosse bourgade qu’était Toulouse.

En 2013, le chantier de l’esplanade Saint-Pierre a mis en lumière des vestiges d’anciennes cuves de tannage. La Garonne était, encore une fois, une solution simple d’évacuation des déchets de la tannerie. + d’infos

«Jusqu’à la construction des quais par Saget, en 1783, il y a eu beaucoup d’artisanat ici le long de la Garonne, des teintureries, des tanneries, une manufacture de canons à la Garonnette. Il en existe quelques gravures aux Archives Municipales» explique Pierre Pisani.

Place Saint-Pierre, au dessus de la boulangerie qui fait l’angle avec la rue Valade, nous pouvons encore observer les restes d’une enseigne d’un commerce pour blanchisseurs…

 

À quoi servent ces 4 bouées jaunes au large de la Daurade ?

Comme nous pouvons le voir contre la façade de l’Hôtel-Dieu, en rive gauche, il reste une pile de pont… Parce qu’il y avait un autre pont qui enjambait la Garonne : le Pont de la Daurade !

Construit en 1135, c’était une demande du Monastère des Bénédictins de la Daurade pour relier le Port de la Daurade à l’Hôtel-Dieu. Accepté par le Comte de Toulouse, le pont fut construit là où la Garonne était la plus étroite. Régulièrement endommagé par les inondations du fleuve, il est finalement démoli en 1640. Sauf qu’il reste les vestiges d’une pile, en plein milieu de la Garonne ! Les bouées jaunes matérialisent les restes immergés de cette construction pour éviter que les bateaux ne passent à cet endroit.

 

Et le Pont Neuf dans tout ça…

Entre 1544 à 1632, le Pont Neuf a été construit, plus robuste, pour supporter les caprices de la Garonne.

La crue la plus importante qu’il ait connue a été celle de 1875 où le niveau de l’eau du fleuve est montée au dessus des « dégueuloirs », c’est-à-dire les cercles faits de briques (qu’on peut voir sur la photo ci-contre).

Le Pont Neuf est le plus vieux pont qui enjambe la Garonne. La précision est importante car ce n’est pas le plus vieux pont de Toulouse ! Le plus ancien est le Pont de Tounis, dans le quartier des Carmes, mais celui-ci enjambe la Garonnette.

Voilà une infime partie des secrets que cache la ville… En espérant que vous ayez découverts quelques surprises. Je vous laisse vous balader dans ses quartiers, vous perdre dans ses ruelles et faire de belles rencontres pour découvrir le reste…